Mercredi 15 janvier dernier, devant une centaine de personnes, avait lieu l'inauguration officielle de POEMA-événement autour des écritures poétiques contemporaines, au Centre Culturel André Malraux – scène nationale de Vandoeuvre. Etaient présents lors de cette soirée de nombreux partenaires du projet, autour de l'équipe de coordination de POEMA ( Sandrine Gironde - Cie L'escalier, Marie-Noëlle Brun - Cie Vent d'Est, Anne-Margrit Leclerc - Cie du Jarnisy), ainsi que M. MASSON, Conseiller Régional délégué à la Culture.

Autour d'un apéritif, les grandes lignes de POEMA ont été explicitées, notamment la volonté de créer un évènement culturel décentralisé, se déroulant sur tout le territoire lorrain, ce qui est aujourd'hui une première pour la région. Les trois coordinatrices ont notamment insisté sur la volonté de POEMA de créer la rencontre entre la poésie contemporaine et le public, afin d'en finir avec l'image élitiste du genre, et ce par le biais de lectures, de conférences, de performances, et d'évènement plus singuliers comme, par exemple, des rencontres alliant gastronomie et poésie, ou bien la mise en place du Poemabus, qui sillonnera les routes de Meuse avec à son bord des poètes comme Rémi Chechetto ou Edith Azam.

En finir donc avec l'idée que la poésie est réservée à un petit nombre d'initiés – idée qui prédomine encore très largement en France, comme l'a rappelé Sandrine Gironde – et présenter au public un art certes littéraire, mais également vivant, à la fois ludique et politique, encore et toujours lié à l'oralité et au corps. C'est ce qui a été rappelé, tout au long de cette inauguration, et approfondi, lors de la conférence d'Isabelle Krzywkowski, professeur de littérature comparée à l'Université Grenoble 3, sur "les avant-gardes ou l'irruption du corps", dans la poésie de la première moitié  du XXème siècle. L'occasion de rappeler que la poésie est historiquement un art vivant, moins lié à l'écrit qu'à l'oralité et au corps qui incarne cette oralité, dans un geste souvent politique et provocateur.
C'est toujours dans ce geste vivant et provocateur que, pour clore cette soirée, Hubertus Biermann a interprété l'immense Ursonate de Kurt Schwitters :

Ursonnate

Extrait de "ursonate", Kurt Schwitters, 1932

article écrit par Yannick Torlini